Page:René de Pont-Jest - Le Serment d’Éva.djvu/121

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me rendais pas aussi complètement compte que je le fais à cette heure du sentiment qui s’est emparé de moi. Mais me taire aujourd’hui, ce serait mal, puisque ce serait mentir, me renier moi-même et manquer de confiance en vous. Oui, je l’aime de toute mon âme !

— Malheureux !

— Pourquoi m’en défendrais-je ? Souvenez-vous des circonstances douloureuses dans lesquelles je l’ai vue pour la première fois. Rappelez-vous ce que vous m’avez dit de son martyre, et vous comprendrez…

— Oui, c’est ma faute ; c’est moi seule qui suis coupable. Mon pauvre ami, ma pauvre Éva !

— Elle n’a rien à craindre ; je vous jure que jamais je ne lui ai adressé une parole de nature à me trahir !

— J’en suis certaine !

— Et pourvu qu’elle ignore, et elle ignorera toujours….

— Vous croyez cela, vous ! Eh bien ! moi, depuis tout à l’heure, j’ai au contraire la conviction qu’elle vous a deviné !

— Qui vous le fait supposer ?

— Quand elle est rentrée, il y a dix minutes, après avoir été surprise avec vous au pied de l’escalier par un des misérables aux gages de M. de Tiessant, elle m’a raconté ce qui venait de se passer et s’est écriée : « S’il allait en survenir quelque ennui pour M. Ronçay, lui si bon, lui qui s’intéresse tant à moi, et que