Page:René de Pont-Jest - Le Serment d’Éva.djvu/16

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— De vous aimer toujours !

— Soit !… Et que lui avez-vous répondu ?

Ronçay avait murmuré ces mots en baissant la tête. S’il les eût prononcés à haute voix, les sanglots les auraient étouffés, et s’il eût regardé son interlocuteur, les larmes auraient inondé ses yeux.

— Que vouliez-vous que je lui répondisse, reprit le prince, sinon que je ferais l’impossible pour la satisfaire et que je ne désespérais pas de réussir ? Oh ! alors, si vous l’aviez vue me prendre les mains, me remercier du sourire, du regard, de tout le rayonnement de ses traits ! Tenez, je suis un vieux soldat et mon existence a été traversée par de douloureux événements ; eh bien ! je crois que je n’ai jamais éprouvé plus vive émotion. Aussi, sans trouver autre chose à lui dire que : bon courage, ayez confiance, comptez sur moi, à bientôt, je me suis sauvé, décidé à remuer ciel et terre pour obtenir ce qu’elle désirait.

— Vous y êtes arrivé ?

— Complètement et, je dois l’avouer, sans grande peine.

— Comme elle va être heureuse ! Montons vite chez elle.

Puis soudain, arrêtant par le bras le prince, qui s’était levé, Gilbert reprit :

— Mais j’y songe, Monseigneur, vous n’avez pu dire de qui il s’agissait ; le Pape ignore que celle qu’il va bénir est une comédienne, qu’elle appartient à ce monde auquel l’Église, il y a moins d’un siècle, refu-