Page:René de Pont-Jest - Le Serment d’Éva.djvu/262

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— Je ne crains rien, je crois seulement que, nerveuse comme elle est, notre amie devrait laisser là les exercices violents dont elle abuse !

— Tu ne me dis pas toute ta pensée ! Voyons, je t’en conjure, ne me cache rien. C’est d’autant plus nécessaire que la chère enfant est sur le point d’accepter les propositions qui lui sont faites pour l’Italie. Elle y reprendrait dans les principales villes le répertoire de la pauvre Desclée.

Cet engagement était réellement offert à Mme Daltès, et comme elle devait abandonner la carrière dramatique immédiatement après cette campagne, si elle n’entrait pas dans l’un des grands théâtres de Paris pour y jouer les premiers rôles de son emploi — on se souvient qu’elle avait fait cette promesse absolue à son amant — celui-ci ne blâmait pas trop cette excursion à l’étranger, puisque, quelque résultat qu’elle dût avoir, elle mettrait fin tout au moins à des séparations qui le faisaient cruellement souffrir.

De plus, le sculpteur se promettait de saisir l’occasion du séjour de la jeune femme en Italie pour y retourner, afin de lui servir de cicérone dans ce pays qu’elle avait toujours rêvé de parcourir et que, lui, connaissait si bien.

Mais si la santé d’Éva donnait les moindres craintes, Ronçay ne voulait plus entendre parler de son départ. Il s’y opposerait par tous les moyens. Il tenait par conséquent à savoir la vérité, et, comme il insistait sur ce point, Raymond finit par lui répondre :

— Je ne crois pas qu’il y ait rien de grave dans les