Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/170

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de martyrs innocents, alors c’était l’analogue de ce qui arrive quand un enfant souffre ; il n’en faut accuser que le sort[1].

Les sources de la piété n’étaient cependant point taries par un rationalisme orgueilleux, qui d’ordinaire s’affranchit des pratiques matérielles. Une liturgie entourée de secret[2] offrait aux fidèles de ces singulières Églises les consolations sacramentelles avec abondance ; la vie devenait comme un mystère dont tous les actes étaient sacrés. Le baptême avait beaucoup de solennité et rappelait le culte de Mithra. La formule prononcée par l’initiateur était en hébreu[3], et après l’immersion venaient des onctions de baume, qui furent plus tard adoptées par l’Église[4]. L’extrême-onction pour les mourants était aussi administrée d’une façon qui devait faire une vive impression et que l’Église catholique a imitée. Le culte chez ces sectaires était, comme le dogme lui-même, plus éloigné de la simplicité juive que dans

  1. Passage de Basilide, conservé par Clément d’Alexandrie, Strom., IV, 12.
  2. Irénée, I, ch. xxi.
  3. Βασεμαχαμοσσηϐααιανορα…, où l’on déchiffre clairement : בשם חכמות, « Au nom de Hachamoth ». Irénée ne comprend déjà plus cette formule. Cf. Lucien, Alex., 13.
  4. Épitaphe gnostique, dans Corpus inscr, græc., n° 9595ª, t. IV, p. 594-595.