Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/240

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la porte qui menait à Bethléem, était une sculpture en marbre où l’on croyait distinguer un porc ; et l’on voyait là une sanglante ironie contre le peuple vaincu[1]. On oubliait que le sanglier était un emblème romain et figurait sur les étendards des légions. Le périmètre de la ville changea légèrement du côté du sud, et devint à peu près ce qu’il est aujourd’hui. Le mont Sion resta en dehors de l’enceinte et se couvrit de jardins potagers. Les parties de la ville qui ne se rebâtirent pas offraient des masses de pierres disloquées, qui servirent de carrière pour les constructions nouvelles[2]. Les substructions du temple d’Hérode (le harâm actuel) excitaient l’étonnement par leur solidité ; les chrétiens prétendirent de bonne heure que ces assises colossales ne seraient disjointes qu’à la venue de l’Antéchrist[3].

Sur l’emplacement du temple, comme nous l’avons déjà dit, s’éleva le temple de Jupiter Capitolin. Bacchus, Sérapis, Astarté, les Dioscures[4] y

  1. Saint Jérôme, addition à la Chronique d’Eusèbe, à l’année 20 d’Adrien.
  2. Eusèbe, Démonstr. évang., V, 13 ; VII, 13 ; VIII, 3 (p. 406-407) ; Epiphane, De mensuris, 14 ; saint Cyrille de Jér., Catech., xv, 15 ; xvi, p. 184 ; saint Hilaire, In Psalm., cxxxi.
  3. Saint Cyrille de Jér., xv, 15.
  4. Tous ces dieux figurent, avec Jupiter Capitolin, sur les monnaies d’Ælia.