Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/274

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grand judaïsme fécond, portant en ses flancs le salut du monde, que nous offre l’époque de Jésus et des apôtres ; c’est la vieillesse respectable d’un homme qui une fois a tenu dans sa main le sort de l’humanité, et qui vit ensuite de longues années obscures, toujours digne d’estime, mais désormais n’ayant plus de rôle providentiel.

Saint Paul, Philon, l’auteur des vers sibyllins et des vers attribués à Phocylide étaient donc dans le vrai quand, tout en maintenant le fond du judaïsme, ils en rejetaient les pratiques. Ces pratiques auraient rendu les conversions impossibles. Ces pratiques, scrupuleusement conservées par la plus grande partie de la nation, ont été et sont encore un véritable malheur pour elle et pour les pays où elle vit en grand nombre. Les prophètes, avec leurs larges aspirations, et non la Loi, avec ses strictes observances, renfermaient l’avenir du peuple hébreu. Jésus sort des prophètes et non de la Loi. Le Talmud, au contraire, c’est le culte de la Loi poussé jusqu’à la superstition. Après avoir fait une guerre acharnée à toutes les idolâtries, Israël y substitua un fétichisme : le fétichisme de la Thora.