Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/292

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qui, après avoir connu et confessé que Jésus est le Christ, abandonnent sa foi, à la persuasion de ces obstinés, pour passer à la loi de Moïse, quelle que soit la raison qui les y porte, il n’y a point de salut pour eux, si avant de mourir ils ne reconnaissent leur faute[1]. » Origène envisage les choses d’une manière analogue. Les Juifs qui se sont faits chrétiens ont par cela même, selon lui, abandonné la Loi. Les Juifs qui, tout en étant chrétiens, observent la Loi sont des ébionites, des sectaires ; car ils accordent de la valeur à la circoncision et à des pratiques que Jésus a supprimées[2]. La logique s’accomplissait. Il était inévitable qu’une dualité, qui allait jusqu’à empêcher les chrétiens de manger ensemble, même le jour de Pâques, aboutît à un schisme complet.

À partir du milieu du iie siècle, en effet, la haine entre les deux religions est scellée. Les tranquilles disciples de Jésus et les juifs exilés pour leur fanatisme terrestre deviennent chaque jour plus furieux les uns contre les autres. Selon les chrétiens, un peuple nouveau a été substitué à l’ancien[3]. Les juifs accusent les chrétiens d’apostasie, et leur font

  1. Justin, Dial., 47.
  2. Origène, Contre Celse, II, 1, 3.
  3. Pasteur, simil. ix, 30 ; Homélies pseudo-clém., vii, 6 ; viii,