Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/361

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on voulait, selon certaines idées juives, qui se retrouvent dans la légende agadique d’Abraham[1], qu’il fût né dans une caverne[2]. On cherchait à faire servir à quelque chose le voyage en Égypte, et, comme l’Égypte était le pays où les idoles étaient le plus multipliées, on supposa que la vue seule de l’enfant exilé suffit pour faire tomber la face contre terre toutes les statues profanes[3]. On savait avec précision le métier qu’exerça Jésus ; il faisait des charrues, des attelages[4]. On prétendait connaître le nom de l’hémorrhoïsse guérie (Bérénice ou Véronique), et on montrait les statues que, dans sa reconnaissance, elle avait élevées à Jésus[5].

  1. Beer, Leben Abrahams (Leipz., 1859), p. 2 et suiv. ; Nicolas, Evang. apocr., p. 54-55.
  2. Justin, Dial., 70 et 78 ; Origène, Contre Celse, I, 51 ; Eusèbe, Démonst. évang., III, 2 ; Vita Const., III, 40 ; Cf. Protévangile de Jacques, ch. 18 et suiv. ; Pseudo-Matthieu, 13, 14 ; Tischendorf, Evang. apocr., p. xxxviii ; Histoire de Joseph le charp., ch. 7 ; Évangile de l’enfance, ch. 2. Cette imagination fut universellement adoptée. Cf. Vogüé, Les églises de T. S., p. 50-51.
  3. Eusèbe, Demonst. évang., VI, 20 ; IX, 2 ; saint Athanase, De incarn. Verbi, Opp., t. I, p. 89 ; Sozom., V, 21 ; Thilo, Cod. apocr., p. xxxvii ; Tischendorf, Evang. apocr., p. l, note ; lii, note 2 et 3 ; Pseudo-Matthieu, ch. 23.
  4. Justin, Dial., 88 ; Évangile de Thomas, 13 ; Évangile de l’enf., 38, 39. Comp. Acta sancti Thomæ, 3.
  5. Eusèbe, H. E., VII, ch. 18 ; Macarius Magnès, dans Pitra, Spicil., I, p. 332-333 ; dans Blondel, p. 1 ; Malala, X, p. 237