Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/390

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de Dieu, de même on nous enseigne que la nourriture sur laquelle a été prononcée en actions de grâces la prière composée des paroles de Jésus, on nous enseigne, dis-je, que cette nourriture, de laquelle notre sang et nos chairs sont nourris par une intime transformation, n’est pas autre chose que la chair et le sang de Jésus incarné. Car les apôtres, dans les mémoires[1] qu’ils ont composés et que l’on appelle Évangiles, nous apprennent que Jésus leur fit la recommandation suivante. Prenant le pain, il rendit grâces et dit : « Faites ceci en mémoire de moi ; ceci est mon corps ; » semblablement prenant la coupe, il rendit grâces et dit : « Ceci est mon sang[2], » et ce dogme, il le réserva pour eux seuls. Si pareille chose se passe dans les mystères de Mithra, c’est parce que de méchants démons, imitant l’institution du Christ, ont enseigné à le faire ; car vous savez ou pouvez savoir que le pain et la coupe pleine d’eau, avec certaines paroles que l’on prononce dessus, font partie des cérémonies de l’initiation[3].

Pendant les jours qui suivent les réunions, nous nous rappelons sans cesse les uns aux autres le souvenir de ce qui s’y est passé ; et ceux qui ont de quoi subviennent aux besoins des indigents, et nous vivons habituellement les uns avec les autres. Dans nos oblations, nous bénissons le Créateur de toute chose par son fils Jésus-Christ et par l’Esprit saint. Et le jour qu’on appelle du Soleil, tous ceux qui habitent les villes ou les campagnes se réunissent en

  1. Ἐν τοῖς γενομένοις ὑπ’ αὐτῶν ἀπομνημονεύμασιν, ἃ καλεῖται εὐαγγέλια. Pour le mot ἀπομνημονεύματα, comp. Papias (Eus., H. E., III, xxxix, 15) ; Eus., V, viii, 8.
  2. Comp. Matth., xxvi, 26 et suiv. ; Marc, xiv, 22 et suiv. ; Luc, xxii, 19 et suiv. ; I Cor., xi, 23 et suiv.
  3. Cf. Dial. cum Tryph., 70.