Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/413

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à leur compte un livre qui fit de l’impression sur plusieurs et fut cité comme Écriture inspirée[1].

Le symbolisme de ces prophètes nouveaux nous paraît parfois étrange et de mauvais goût. L’épuisement du genre était visible. Toutes ces machines usées ne produisent plus sur nous qu’un effet de fatigue et d’écœurement[2]. Mais, pour des simples, l’effet était grand ; de telles prophéties fortifiaient les hésitants, réchauffaient les tièdes. On croyait y entendre les avertissements directs de Dieu.

Une Apocalypse attribuée à Pierre eut un très-grand succès ; elle fut admise dans le canon, à côté de celle de Jean, et lue dans la plupart des Églises[3].

  1. Ὡς γέγραπται, Pasteur, Vis. ii 3 ; Synopse dite d’Athanase, § 75, Opp., II, p. 201 ; Stichométrie de Nicéph. (ibid., p. 121) ; Index script. sacræ de Cotelier, Patres apost., I, 197 (Pitra, Juris eccl. Græc., I, p. 100), et De prophetis et prophetissis, note de Cotelier sur Constit. apost., IV, 6 ; Cyrille, Catech., xvi, 25 ; Mommsen, Chronogr. de 354, Mém. la Soc. de Saxe, I (1850), p. 640. Cf. Fabricius, Codex pseude-pigr., I, 801 et suiv. On a supposé sans raison suffisante que le passage apocryphe cité dans I Clém., 23, et dans II Clém., 11, était pris de la prophétie d’Eldad et Modad.
  2. Pasteur, Vis. iii, 4, 10, 13.
  3. Apocalypses Johannis et Petri tantum recipimus, quam quidam ex nostris legi in ecclesia nolunt. Canon de Muratori, lignes 70-72 ; Théodote, Eclogæ ex script. proph., §§ 41, 48, 49 (à la suite des œuvres de Clém. d’Alex.) ; Clément d’Alex., dans Eus., H. E., VI, xiv, 1 ; Stichométrie du Codex Claromontanus, dans Credner, Gesch., p. 164, 177 ; Méthodius de Tyr,