Page:Renan - Histoire des origines du christianisme - 6 Eglise chretienne, Levy, 1879.djvu/421

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plaine, et là se mit à prier le Seigneur et à confesser ses péchés.


Or, pendant qu’il priait, le ciel s’ouvrit, et il vit la femme qu’il avait désirée, lui disant : « Bonjour, Hermas. » L’ayant regardée : « Maîtresse, que fais-tu là ? » lui dit-il. Elle lui répondit : « J’ai été transportée ici pour accuser tes péchés devant le Seigneur. — Quoi ! c’est toi qui es mon accusatrice ? — Non ; mais écoute les paroles que je vais te dire. Le Dieu qui demeure dans le ciel, qui a tiré tout ce qui existe du néant et l’a fait grandir pour la sainte Église, est irrité contre toi, parce que tu as péché envers moi. — J’ai péché envers toi ? lui répondit Hermas. Et de quelle manière ? T’ai-je jamais dit une parole inconvenante ? Ne t’ai-je pas toujours traitée comme une maîtresse ? Ne t’ai-je pas toujours respectée comme une sœur ? Pourquoi me reprocher faussement, ô femme, des actes méchants et impurs ? » Elle lui dit en riant : « Pour un homme juste comme toi, le seul désir est un très-grand mal ; mais, prie Dieu, et il pardonnera tes péchés et ceux de toute ta maison et ceux de tous les saints. » Après qu’elle eut proféré ces paroles, les cieux se fermèrent, et Hermas resta effrayé : « Si cela compte pour un péché, se dit-il, comment faire pour être sauvé ? »


Comme il était plongé dans ces réflexions, il voit devant lui un grand fauteuil de laine blanche. Une femme âgée, richement vêtue, ayant un livre en ses mains, vient s’y asseoir et après l’avoir salué par son nom : « Pourquoi es-tu triste, Hermas, toi d’ordinaire si patient, si égal, toi toujours souriant ? — Je