Page:Renan - Le Judaisme comme race et comme religion, 1883.djvu/36

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du judaïsme beaucoup de gens non juifs de race. C’est l’esclavage ou la domesticité. Nous voyons que, dans tous les pays chrétiens, surtout dans les pays slaves, la grande préoccupation des évêques, des conciles, est de défendre aux juifs d’avoir des serviteurs chrétiens. La domesticité favorisait le prosélytisme, et les esclaves des juifs étaient entraînés plus ou moins à la profession du judaïsme.

Il est donc hors de doute que le judaïsme représenta d’abord la tradition d’une race particulière. Il est hors de doute aussi qu’il y a eu dans le phénomène de la formation de la race israélite actuelle un apport de sang palestinien primitif ; mais, en même temps, j’ai la conviction qu’il y a dans l’ensemble de la population juive, telle qu’elle existe de nos jours, un apport considérable de sang non sémitique; si bien que cette race, que l’on considère comme l’idéal de l’ethnos pur, se conservant à travers les siècles par l’interdiction des mariages mixtes, a été fortement pénétrée d’infusions étrangères, un peu comme cela a eu lieu pour toutes les autres races. En d’autres termes, le judaïsme à l’origine fut une religion nationale; il est redevenu de nos jours une religion fermée; mais, dans l’intervalle, pendant de longs siècles, le judaïsme a été ouvert; des masses très considérables de populations non israélites de sang ont embrassé le judaïsme; en sorte que la signification de ce mot, au point de vue de l’ethnographie, est devenue fort douteuse.