Page:Renan - Le Judaisme comme race et comme religion, 1883.djvu/38

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certain nombre de types vainqueurs des autres, qui auraient persisté et qui se seraient constitués d’une façon irréductible. La concentration des types résulte du fait des mariages s’effectuant, pendant des siècles, dans un cercle resserré.

On allègue aussi en faveur de l’unité ethnique des juifs la similitude des mœurs, des habitudes. Toutes les fois que vous mettrez ensemble des personnes de n’importe quelle race et que vous les astreindrez à une vie de ghetto, vous aurez les mêmes résultats. Il y a, si l’on peut s’exprimer ainsi, une psychologie des minorités religieuses, et cette psychologie est indépendante de la race. La position des protestants, dans un pays où, comme en France, le protestantisme est en minorité, a beaucoup d’analogie avec celle des juifs, parce que les protestants, pendant fort longtemps, ont été obligés de vivre entre eux et qu’une foule de choses leur ont été interdites, comme aux juifs. Il se crée ainsi des similitudes qui ne viennent pas de la race, mais qui sont le résultat de certaines analogies de situation. Les habitudes d’une vie concentrée, gênée, pleine d’interdictions, séquestrée en quelque sorte, se retrouvent partout les mêmes, quelle que soit la race. Les calomnies répandues dans les parties peu éclairées de la population contre les protestants et contre les juifs sont les mêmes. Les professions vers lesquelles une secte exclue de la vie commune est obligée de se porter sont les mêmes. Comme les juifs, les protestants n’ont ni peuple ni paysans; on les a empêchés d’en