Page:Renan - Ma soeur Henriette, Calmann-Levy, 1895.djvu/29

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inclinées, laissant flotter mollement derrière elles leur robe de dentelle, celle-là même qu’elles portèrent le jour de leur baptême. Un peu plus loin, s’élève la petite chapelle des Cinq-Plaies, dans une charmante vallée ; de l’autre côté de la rivière, près d’une ancienne fontaine sacrée, Notre-Dame-du-Tromeur, pèlerinage très vénéré.

Une forte disposition pour la vie intérieure fut chez ma sœur le résultat d’une enfance passée dans ce milieu plein de poésie et de douce tristesse. Quelques vieilles religieuses, chassées de leur couvent par la Révolution et devenues maîtresses d’école, lui apprirent à lire et à réciter les psaumes en latin. Elle apprit par cœur tout ce qu’on chante à l’église ; sa réflexion s’exerçant plus tard sur ces vieux textes, qu’elle comparait au français et à l’italien, l’avait amenée à savoir beaucoup de latin, quoiqu’elle ne l’eût pas régulièrement