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BUCOLIQUES

L’ombre des sapins se teinte selon les nuages. L’eau élastique obéit à ta moindre pesée.

Le lac ne cesse de se rafraîchir aux sources de la montagne. Chants de coqs, cloches de vaches et voix de chiens, les échos répètent tout et tu en profites : Ton cerveau se remet à neuf. Tu t’approvisionnes d’images, de bruits et d’odeurs.

Le porteur de foin qui, déchargé, s’essuie le front, envie ta fainéantise. Il a tort ; il te juge mal. Il croit que tu ne fais rien, mais au fond, n’est-ce pas, cher ami, tu fais ce qu’il fait : tu rentres ton foin pour l’hiver.