Page:Renard - Huit jours a la campagne.djvu/3

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


COLLECTION DU THÉÂTRE POUR TOUS


Huit Jours à la Campagne

PIÈCE EN UN ACTE
PAR JULES RENARD

PERSONNAGES

MAMAN PERRIER, 67 ans.

MADAME PERRIER, sa bru, 40 ans.

MARIE PERRIER, sa petite-fille, 16 ans.

GEORGES RIGAL, 27 ans.


La scène se passe dans un village de l’Yonne.

Une petite cour sèche, un banc, une chaise en fer. — Au fond, sur la rue, une grille à barreaux verts, sans ornement. — À droite, la façade d’une maison de village bourgeoise, blanche et presque neuve. Il faut monter trois marches. — À gauche, une bordure de buis sépare la cour du jardin.


Scène I


GEORGES RIGAL paraît à la grille. Complet de voyageur ; une petite valise ; l’air heureux et parisien. Il cherche vainement une sonnette. Il ouvre la grille et entre.

GEORGES.

Pas de sonnette ! C’est bien campagne ! On entre comme chez soi… Personne !… charmant… Quelqu’un, s’il vous plaît ?

Maman Perrier arrive lentement du jardin ; elle est vieille, petite, droite, maigre, soupçonneuse.


GEORGES.

Bonjour, madame. Maman Perrier ne répond pas. C’est bien ici la maison de M. Maurice Perrier ?


MAMAN PERRIER.

Non, monsieur.


GEORGES.

Pardon, madame. Je croyais…