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le carnaval du mystère

Et il s’affaissa sur la banquette, à bout de forces.

On arrivait à Meaux. Le train stoppa. Quand M. Bourdure rouvrit les yeux, il était seul, et le convoi roulait dans la nuit.

Une heure après, chancelant, le petit M. Bourdure montait ses six étages. L’excellente Mme Bourdure l’accueillit avec son éternel sourire de vieille femme aimante et dévouée. Mais, tout de suite, dès qu’il furent dans la salle à manger où les quatre couverts journaliers étaient mis sous la suspension, elle remarqua l’air égaré de son mari.

— Qu’est-ce que tu as ? fit-elle anxieusement. Papa… Tu es malade ?…

— Mais… Mais…, dit M. Bourdure. Tu as donc oublié que M. Piat et sa dame dînent chez nous avec M. Clinchard ?… Vite ! Vite ! Habille-toi, voyons ! Que les enfants aillent chez le traiteur sans perdre une seconde ! Acheter… acheter tout ce qu’il faut… On n’a pas idée d’avoir oublié une chose aussi importante ! Rien n’est prêt, sur ma foi !…

Mme Bourdure répétait, sans y rien comprendre :

— M. Piat…, sa dame…, M. Clinchard… Tu ne m’as jamais dit…