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LA GLOIRE DU COMACCHIO

Cesare discerna des plumes abondantes, des médailles, de fastueux éclats métalliques…

— « Je veux la gloire ! Pour elle, je consens à mourir en pestilence d’impiété. Faut-il renoncer Dieu, perdre son salut : je suis prêt ! Veux-tu mon âme ? Je te la donne. »

— « Vous me prenez pour un autre », fit Tubal très amèrement.

Cesare continuait, dans une surexcitation grandissante :

— « Je la veux, moi vivant et moi poussière ! Il est impossible que tu n’aies pas les moyens de me la donner, toi qui donnes la mort si aisément !… Allons ! les événements nous pressent. Regarde : ces beaux muguets qui vont chez Baccio. Demain, c’est la ville entière qui verra son Andromède. Il ne sera plus temps !… Tubal, je te ferai des cires autant que tu en voudras, mais donne-moi la gloire ! Sinon, c’est résolu : je choisis la mort. »

Tubal tressauta.

— « Je n’ai pas assez de puissance, Messer Bordone… Que voulez-vous que je fasse ! Hors l’envoûtement, je ne sais rien. »