Page:Revue Moderne, vol.52, 1869.djvu/151

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SADOWA & L’ALLEMAGNE EN 1866[1]




Vers le soir, la division Fransecky bivouaqua à Bossin, la division Horn, à Dobrawoda, entre Bossin et Munchengraetz. L’armée de l’Elbe s’établit autour de cette dernière bourgade. Toutes les autres divisions et les réserves de l’aile droite s’étaient avancées d’une journée de marche vers l’aile gauche, et les Prussiens étaient entièrement maîtres de la ligne de l’Iser. Le combat de Munchengraetz leur avait coûté 341 tués ou blessés. Ils évaluent la perte des Autrichiens à 2.000 hommes, dont 1.398 prisonniers.

À mesure que la première armée et l’armée de l’Elbe s’avançaient au sud-est, en se concentrant toutes deux et en se rapprochant de plus en plus l’une de l’autre, les difficultés croissaient non-seulement pour la marche, mais aussi pour l’alimentation des troupes. De ce côté de la Bohême comme de l’autre tous les villages étaient abandonnés. Les populations avaient fui, poussant devant elles leur bétail ; elles se cachaient au fond des forêts et des cavernes. Beaucoup de puits étaient non pas empoisonnés comme on l’a dit, mais comblés avec des pierres. Pendant quelques jours, le soldat fut donc très-mal nourri et souffrit cruellement de la soif, tandis qu’il s’épuisait en longues marches sous un ciel de feu. Mais la même force morale qui animait l’armée de Silésie se retrouvait ici, grandissant par le succès, défiant les privations et les fatigues. Il s’agissait maintenant de marcher sur Gitschin et de s’en emparer au plus vite. Bien que Benedeck ne fût point parvenu à se jeter entre les deux

  1. Voir les quatre premières parties dans les livraisons des 25 février, 25 mars, 10 et 25 avril.