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REVUE MENSUELLE


lègue nous faisait adresser son nouvel ouvrage qui, sous le titre modeste de Notes sur l’Éducation Publique (Hachette et Cie, éditeurs), nous paraît appelé à faire quelque bruit dans le Landerneau Universitaire.

Pleins d’aperçus originaux, et d’une élévation d’idées qu’égale seule l’élégance de la forme, cet ouvrage est intéressant d’un bout à l’autre. Noté spécialement les chapitres : La Crise de l’Enseignement secondaire ; Analyse ou Synthèse ; La Psychologie du Sport ; L’Éducation physique au xxe siècle.

À citer ce trait de l’embarras de notre collégien, au moment où il doit se prononcer pour une carrière :

« De ces outils, pour continuer ma comparaison, la méthode actuelle fait deux tas : d’un côté les lettres, de l’autre côté les sciences. Il est entendu que l’adolescent doit compter parmi les « forts en thème » ou parmi ceux qui marquent « des dispositions pour les mathématiques ». Si par malheur il ne rentre dans aucune de ces deux catégories, tout le monde est désorienté, lui tout le premier. Il arrive au bout de ses études sans savoir à quoi elles l’ont préparé ; alors, au dernier moment, vous lui faites passer en revue rapidement les carrières auxquelles il pourrait se vouer. Mais à part quelques détails d’ordre matériel et d’assez minime importance, que lui direz-vous qui puisse l’aider dans sa décision ? Ses classes ne lui ont point appris le rang que tiennent dans la Société, le rôle qu’y jouent le droit, l’agriculture, l’art, le commerce, la littérature, l’industrie, l’administration, les transports, la presse, la colonisation. Tout cela évoque dans son esprit de petites images locales et spéciales : être agriculteur, c’est labourer : être financier, c’est aligner des chiffres ; se faire colon, c’est chercher des aventures ; il ne sort pas de là. Comment s’aviserait-il qu’un bon architecte doit être un ingénieur doublé d’un artiste et qu’un même métier peut être vécu de plusieurs façons ? Le genre de vie qui l’attend, voilà ce qui devrait fixer en dernier lieu son choix et ce qu’il ignore absolument, parce qu’il ignore les conditions générales de la vie de l’homme, telles qu’elles résultent de l’état actuel du globe et du passé du genre humain. Notez que s’il était logique, avec l’enseignement qu’il a reçu, il dirait : Je veux être botaniste ou physicien ; je veux faire de l’algèbre, de la rhétorique, des versions latines… Sont-ce là des carrières ? »

LA CORNICHE DU TOURING-CLUB


La « Nouvelle Corniche » ou « Corniche du Touring-Club », comme on l’appelle dans le pays, sera terminée en 1901 dans les Alpes-Maritimes et en 1902 dans le Var. Ce sera une route absolument incomparable au point de vue du pittoresque, des sites, de la grandeur et de la rariété des aspects, qu’on ira visiter comme on va aux Gorges du Tarn ou au Cirque de Gavarnie.

C’est la constatation que nous avons faite nous-même de visu avec notre collègue le Docteur Léon Petit et que corroboreront bientôt les milliers de touristes qu’amènera sur le littoral cette attraction de premier ordre.

Partout nous avons rencontré au cours de ce


voyage l’accueil le plus sympathique et constaté la solidarité qui anime tous les membres du Touring-Club, et nous renouvelons ici à la délégation de Lyon, de Marseille, de Cannes et de Saint-Raphaël l’expression de notre profonde gratitude.

Nous remercions en particulier très vivement MM. Hébert, maire de Cannes, et Basso, maire de Saint-Raphaël ; Pellegrin et Thérel, ingénieurs ordinaires des Alpes-Maritimes et du Var, du dévouement et du bon concours que nous avons trouvés près d’eux.

Comme souvenirs de voyage, notons une visite aux manufactures de velours G. Martin, à Lyon, dont les administrateurs. MM. G. Sabran et G. Cabaud, membres du Touring-Club, nous ont fait les honneurs avec la plus parfaite bonne grâce.

Ces usines occupent plus de 2,500 ouvriers et leur production quotidienne atteint plus de 15,000 mètres de velours.

Indépendamment de leurs cinq usines en France, ces messieurs viennent d’en fonder une aux États-Unis ; c’est la seule usine française de velours établie au Nouveau Monde, initiative qui mérite d’être signalée.

À Saint-Raphaël, croisé une petite bonne à bicyclette faisant son marché… Cyclisme utilitaire !

À signaler l’hôtel Gallia à Cannes. Il y a là une remise pour cycles et automobiles comme nous n’en avons vu nulle part. D’ailleurs, bons hôtels partout. Nous signalons avec grand plaisir le Grand Hôtel des Beaux-Arts à Lyon, le Grand Hôtel à Marseille, l’Hôtel Continental à Saint-Raphaël.

Retour par la Camargue, que nous avons pu explorer grâce à la parfaite obligeance d’un de nos camarades, M Ch. Dubois, de Marseille.

Pays de cocagne pour les amateurs de chasse et de pêche, mais qu’on doit s’abstenir d’aller visiter aux mois d’août et septembre, à moins que ce ne soit pour faire quelques collections de moustiques. Cette année ces aimables animaux se sont montrés si nombreux et si féroces que les habitants du pays ont dû renoncer à faire leurs récoltes !


A. B.

Au dernier moment, nous recevons de nos dévoués délégués à Cannes, MM. Capron. Jammes et Labbé, les détails suivants sur la fête donnée a l’hôtel Gallia au profit de notre route.

Le bal a eu lieu le 16 mars dans les magnifiques galeries de cet hôtel, sous le haut patronage de S. A. I. le Grand Duc Michel de Russie.

Toute la haute société, toutes les notabilités de la colonie hivernante et de la ville s’étaient empressées de répondre à l’appel qui leur avait été adressé par nos délégués, très précieusement secondés par Mmes Capron et Jammes.

C’est le premier grand bal donné au nouvel hôtel et, dans ce cadre vraiment merveilleux, cette réunion d’une suprême élégance consti-