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ADMINISTRATION LOCALE.

ronne. Il est vrai que c’est du chancelier qu’émanent les lettres-patentes  ; mais c’est le lord lieutenant qui désigne les noms qui doivent y figurer. Une intervention à ce sujet, de la part du lord chancelier, est une chose à peu près inouie. Il s’en rapporte entièrement, pour le choix des individus, au lord lieutenant, ou plutôt au custos rotulorum, qui presque partout n’est autre que le lord lieutenant lui-même. Celui-ci, par conséquent, nomme, suivant son bon plaisir, tous les juges de paix du comté.

» Or, en considérant la classe de personnes qui le plus souvent sont introduites dans la commission, je ne puis trouver que les choix soient faits avec toute la discrétion nécessaire. Et, par exemple, je puis tout aussi bien déclarer d’abord que je doute beaucoup qu’il y ait convenance à prendre des ecclésiastiques pour Magistrats. C’est une pratique que je désirerais voir changer, excepté là le nombre des propriétaires laïques n’est pas suffisant. Mon opinion est qu’un magistrat ecclésiastique, en unissant deux caractères, très-nobles, très-excellens, assez généralement gâte l’un et l’autre ; la combinaison produit ce que les alchimistes appellent un tertium quid, avec peu des bonnes qualités des deux composans, et beaucoup de leurs mauvaises ; avec des vices nouveaux qui naissent du mélange. L’excès de zèle est à mes yeux une grande faute dans un Magistrat, et cependant la plupart de ceux qui se font remarquer par un excès de zèle sont des ecclésiastiques. Ajoutez à cela les petites haines, les petites affections locales, et en général, quelque chose de mesquin et de rétréci dans leurs opinions, qui semble inhérent au caractère d’un ministre de paroisse, caractère d’ailleurs si digne de nos respects, lorsqu’il reste exempt de la souillure des passions politiques. Il y a quelques lords lieutenans qui se font une règle de ne jamais admettre un ecclésiastique dans la magistrature, et c’est une conduite que j’approuve entièrement, parce que les hommes de cette classe