Page:Revue des Deux Mondes - 1830 - tome 1.djvu/257

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
249
VOYAGE EN NORVÉGE.

quelques vices, parmi lesquels se montrent au premier rang la superstition et l’ivrognerie. M. Everest raconte qu’un paysan prétendit avoir vu, il y a quelques années, une montagne entièrement formée de minerai de cuivre, et offrit d’y conduire un capitaine de bâtiment marchand anglais. On se mit en route, on chercha long-temps, mais en vain, et le paysan prétendit que le diable avait emporté la montagne. On se tromperait si l’on croyait voir dans son fait la moindre trace de friponnerie ou de subtilité ; c’était tout simplement une grossière crédulité, une absurde et ridicule superstition. Un paysan du même pays offrit à M. Everest de lui vendre à un prix raisonnable le vent dont il avait besoin pour effectuer son départ.

La malpropreté semble être un défaut inhérent au caractère de ces peuples, défaut qui cependant n’est point aussi général qu’on pourrait le croire, et que le voyageur attribue à l’extrême dénûment où se trouvent la plupart des habitans des campagnes, ainsi qu’on peut le voir par le passage suivant :

« Nous couchâmes dans une maison plus propre que toutes celles que nous avions visitées. Il y avait un lit, des couteaux, des fourchettes, quelques grossiers ustensiles de cuisine, tous objets d’un luxe inconnu aux lieux que nous visitions depuis quelque temps. Mais du reste, que peut-on attendre de ces infortunés que leur extrême misère livre à la plus dégoûtante malpropreté ? La mousse dont ils composent leurs vêtemens, est un réceptacle qui favorise l’accroissement et la reproduction des in-