Page:Revue des Deux Mondes - 1830 - tome 1.djvu/286

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
278
ARCHIVES GÉOGRAPHIQUES.

ques mots de cet idiome, et ils ne les ont pas compris. Ils parlent la langue de Temboctou, et ils ont en outre un idiome particulier qu’ils parlent entre eux. Tous ceux que j’ai vus sur les bords du fleuve sont aussi nomades.

J’ai vu quelquefois les chameaux des Touariks employés à transporter les marchandises de Cabra à Temboctou. Ce sont les plus pauvres d’entre eux qui font ces corvées ; ils y trouvent leur bénéfice. Les autres sont trop fiers pour se décider à travailler ; ils vendent à Temboctou quelques bœufs et quelques moutons pour la consommation ordinaire de la ville. Le lait y est très-cher et pas aussi bon que sur les bords du fleuve.

Les Touariks, comme tous les musulmans, ont plusieurs femmes : celles qui sont grosses et grasses sont les plus recherchées ; pour être une véritable beauté à leurs yeux, il faut qu’une femme soit parvenue à un tel degré d’embonpoint, qu’elle ait perdu la faculté de marcher sans le secours de deux personnes.

Elles sont vêtues comme les Mauresses des bords du Sénégal ; mais, au lieu de guinée bleue, elles mettent des pagnes bleues, qui viennent de Jenné, et que les négocians de Temboctou leur procurent ; celles que j’ai vues en passant auprès du camp du chef m’ont paru être de la plus grande malpropreté. Les hommes n’ont pas une mise plus soignée ; ils ont, comme les nègres de Temboctou, un coussabe blanc ou bleu, un pantalon qui descend jusqu’à la cheville, comme on en porte à