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ARCHIVES GÉOGRAPHIQUES.

ou incultes ; ses terres sont en général mal cultivées ; ses habitans ont peu d’industrie ; les manufactures et les fabriques y sont en petit nombre ; plusieurs peuplades négligent entièrement l’agriculture, vivent à la manière des nomades, subsistant du produit de leurs troupeaux et de celui de leurs brigandages ; depuis long-temps, presque toutes ces provinces sont en proie aux vexations d’administrateurs avides et ignorans ; depuis long-temps les guerres civiles et l’anarchie détruisent à de courts intervalles le bien-être de leurs habitans ; le fatalisme n’opposant aucune précaution contre la peste, ce terrible fléau y enlève très souvent une partie très-considérable de la population. Si, par l’influence de toutes ces causes réunies, cette portion de l’Europe doit offrir une population relative inférieure à celle des contrées les moins peuplées de sa partie méridionale, elle ne saurait cependant être aussi petite que le prétendait Pinkerton, au commencement du siècle actuel, et que le pensaient plus tard Lindner et Crome, suivis même en 1819 par le savant Hassel. Quelques parties de l’ancienne Macédoine, de la Thessalie, de l’Épire, du Péloponèse, de la Bulgarie, et plusieurs îles de l’Archipel offraient, avant la guerre qui vient de finir, une population assez concentrée ; les environs de Constantinople, la côte de la mer de Marmara, celles des Dardanelles et du Bosphore sont très-habités, et cette portion de l’Europe offre encore plusieurs villes grandes et populeuses. Si on prend en considération ce que nous venons de dire, on verra que les 9,500,000