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ARCHIVES GÉOGRAPHIQUES.

verner les îles Philippines, comme président et capitaine général, j’avais fait naufrage à mon retour sur les côtes du Japon, et que, par conséquent, ce n’était qu’en qualité de misérable naufragé, exposé à toutes les infortunes des prisonniers et des esclaves que je me présentais ; que si l’Empereur devait mesurer ses grâces et ses égards sur ma situation présente, je me trouverais satisfait et comblé par la moindre faveur que Sa Majesté voudrait bien m’accorder ; mais je priai les deux ministres d’observer que si je devais être traité en qualité de serviteur et de ministre de mon roi, je croyais avoir droit à de plus grands honneurs, et que c’était à mon souverain et non à moi que seraient rendus ou refusés les honneurs que je croyais lui être dus. J’insistai beaucoup sur ce point, et je tâchai de leur faire comprendre la grandeur et la puissance du roi d’Espagne, qui régnait sur la plus grande partie des deux Indes, indépendamment de ses états d’Europe, qui seuls lui donnaient le premier rang parmi les princes de cette contrée. J’ajoutai que l’Empereur du Japon s’annonçant comme l’ami du roi d’Espagne, je ne doutais pas qu’il ne saisît l’occasion de manifester, par tous les moyens possibles, le cas qu’il faisait d’une amitié aussi précieuse. Je conclus enfin en déclarant que l’Empereur avait déjà assez fait pour moi, s’il me considérait comme particulier, et que je mettais à ses pieds mon respect profond et ma reconnaissance ; mais que, s’il lui plaisait de me regarder comme le représentant du roi, il ne saurait me témoigner trop d’égards.