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ARCHIVES GÉOGRAPHIQUES.

compagner. Martin y consentit à condition d’être ramené à Tucopia ; mais le Lascar refusa absolument. Toutefois, Bushart parvint à décider un Tucopien à venir avec nous. Le soir même, je remis en route et fis gouverner à l’ouest, attendu que c’était dans cette direction qu’on disait que se trouvait Mannicolo. J’eus du calme et des folles brises pendant la nuit et toute la journée du lendemain, et je n’arrivai en vue de Mannicolo que deux jours après avoir quitté Tucopia. Là, je restai en calme pendant près d’une semaine, à huit lieues de la terre, dont les courans m’approchaient et m’éloignaient tour à tour. Mon navire faisait beaucoup d’eau, et, pour surcroît de malheur, mes vivres étaient presque épuisés par suite des circonstances qui avaient alongé la traversée. Je me déterminai donc avec regret à abandonner mes recherches pour le moment. Je pris ma route vent arrière, poussé par une jolie brise qui venait de s’élever, et je gagnai le lendemain l’île d’Indenny, communément appelée Santa Cruz. En passant auprès de cette île, je fus approché par plusieurs pirogues dans l’une desquelles s’embarqua notre Tucopien. Pendant la nuit, je me trouvai arrêté par le calme à quelques lieues de l’île du Volcan de Carteret. Je touchai ensuite aux îles dont les noms suivent, avant d’arriver au Bengale le 30 août : la Nouvelle-Irlande ; l’île du duc d’Yorck, près la Nouvelle-Bretagne, dans le canal Saint-Georges ; Pulosiang ; Bouro, l’une des Moluques ; Savu et l’île de Noël. Je restai à l’ancre dans le Hâvre de Gore, à la Nouvelle-Irlande, pendant