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VOYAGE À TEMBOCTOU.

René Caillié, né à Mauzé (département des Deux-Sèvres) en 1800, fut dès ses plus jeunes années doué de cette ardeur, de cet enthousiasme indispensables aux entreprises de voyages périlleux, et qui le portèrent à choisir l’Afrique pour théâtre de ses aventureuses excursions. À peine âgé de seize ans, il s’embarqua sur le brick la Loire, qui, étant parti de conserve avec la Méduse, ne partagea pas le funeste sort de cette frégate, et aborda heureusement à Saint-Louis. Notre auteur projetait de se joindre à l’expédition du major Gray. Mais des circonstances imprévues le forcèrent à retourner en France, et ce ne fut qu’en 1818 qu’il repartit pour le Sénégal, où il s’attacha à M. Adrien Partarrieu, envoyé par le major Gray pour acheter à Saint-Louis les objets qu’avait demandés le roi de Bondou, et qui se disposait à rejoindre l’expédition. Avec cette caravane composée de soixante ou soixante et dix hommes, tant blancs que nègres, et de trente-deux chameaux richement chargés, il partit, le 6 février 1819, d’un village du royaume de Cayor, non loin du Sénégal, et traversa le pays des Yolofs, celui des Foulahs et le royaume de Bondou. Les fatigues de ce voyage encouragèrent et préparèrent M. Caillié à celles qu’il devait supporter plus tard pour arriver à Temboctou.

En 1824, il partit de nouveau de Saint-Louis, et se rendit chez les Bracknas[1], où il se familiarisa avec

  1. Les Bracknas sont une nation maure qui habite au nord du Sénégal, et fait, avec les Européens, un assez grand commerce de gomme. Leur véritable nom est Berâknah.