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les parties qui constituent actuellement Terre-Neuve, auraient précipités dans les profondeurs de l’océan, proportionnellement à leurs hauteurs primitives, et aux différens degrés de solidité des surfaces qu’ils rencontrèrent dans leurs chutes. Peut-être aussi était-ce une partie du continent américain, car le détroit de Belle-Ile, qui sépare Terre-Neuve des côtes du Labrador, n’a guère plus de trois lieues de large, dans une longueur de quinze lieues marines.

En 1500, les bancs qui entourent Terre-Neuve étaient déjà fréquentés par les Européens, qui venaient y pêcher la morue. Un voyageur français écrivait alors : « Avant d’arriver au Grand-Banc, les marins en sont avertis par une multitude d’oiseaux dont les plus connus sont les gaudes, les fouquets et les happefoies, appelés ainsi pour leur empressement à dévorer le foie des morues qu’on jette à la mer en ouvrant le poisson. Ces bancs, disait-il, sont des montagnes qui s’élèvent du fond de la mer à une distance de trente, trente-six et quarante brasses de la surface. La longueur du Grand-Banc est de deux cents lieues, et de dix-huit, vingt et vingt-quatre de large. ») Ceci s’accorde à peu près avec nos cartes modernes.

Jean Cabot, Vénitien, sous les auspices du roi Henri VII et avec l’appui des négocians de Londres, partit d’Angleterre en 1497 ; le 24 juin, il découvrit terre et donna au premier cap qu’il vit le nom de Bonavista. Il est sur la côte est de l’île de Terre-Neuve, et le nom lui en est resté. Il entra dans la