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milieu d’une troupe de loups marins qui, plongeant aussitôt qu’ils aperçoivent le feu, sont assez difficiles à tuer.

L’abbé Raynal dit qu’en 1763 ( ?) les pêcheurs se rendaient dans certains endroits de l’île, pendant l’hiver, pour la pêche des loups marins : on la fait encore aujourd’hui à Terre-Neuve et sur les côtes du Labrador. Les pêcheurs qui y vont vers l’automne placent leurs filets entre la côte et les îles ou rochers qui en sont à peu de distance : les loups marins, qui en général arrivent en masse de l’est, se prennent en tentant de passer ces défilés, et on le porte sur le rivage, où on les laisse gelés jusqu’à la fin d’avril, époque à laquelle on en tire l’huile.

Le moment fixé pour la pêche des loups marins, ne devant pas faire tort à celle de la morue, ne permet pas un seul moment de retard ; autrement le voyage serait perdu, et ce sont les glaces d’ailleurs qui les amènent près des côtes.

Pendant les mois de février, mars et avril, et une partie de mai, les côtes de Terre-Neuve sont entourées de glaces à une distance de plusieurs lieues. Les tempêtes et les coups de vent y sont terribles ; ce pendant c’est le temps que choisissent les chasseurs de loups marins. Des goëlettes de quarante à soixante-dix tonneaux, et de grands bateaux de vingt-cinq à trente, fortement construits, sont les embarcations dont ils se servent, et les plus grands équipages sont de quinze à dix-huit hommes.

Le 17 mars est l’époque où ils partent pour cette