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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




29 juin 1832.


RÉAPPARITION DU CHOLÉRA. SITUATION EXTÉRIEURE. SITUATION INTÉRIEURE. — RÉCEPTION DE M. JAY. LA TENTATION. LIVRES NOUVEAUX : Les mélancoliques, traduction d’Horace, contes d’artiste. — m. de lamartine.


Si le calendrier ne nous eût dit positivement que nous étions en été, certes à la température des derniers jours, nous ne nous en fussions guères aperçus. L’hiver, qui, selon la promesse de M. Thiers, avait cédé sa place au printemps, semblait vouloir prendre sa revanche, et reparaître dans le mois de juin. Quel irréparable tort cela faisait à la mode et à l’élégance des parures ! Quelle douleur pour nos jeunes femmes ! C’était bien la peine, si l’on n’avait plus qu’un aussi pâle soleil, qu’il y eût tant d’ombre et de fraîcheur sous les tilleuls et les maronniers des Tuileries ! C’était bien la peine que les rosiers fussent en fleurs, et qu’on eût replacé les chaises et les orangers dans la grande allée, si l’on ne s’y pouvait promener qu’en douillettes et en fourrures, entre deux averses, avec des parapluies ; si l’on n’y pouvait venir sans châles et laisser voir les plus fines et les plus gracieuses tailles du monde, quelque peu trahies par la transparence et la légèreté des robes de mousseline ! Mais ce n’était là que le moindre mal. Le choléra qu’à force de camphre, de vinaigre et de chlorure, puis enfin au bruit des fusils et des