Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/20

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au collège des pères de la foi ; moins heureux qu’à Milly, il y trouva cependant du charme, des amis qu’il garda toujours, des guides indulgens et faciles, auxquels il disait en les quittant :

Aimables sectateurs d’une aimable sagesse,
Bientôt je ne vous verrai plus !

Sans parler de tout ce qu’il y avait de primitivement affable dans la belle ame de Lamartine, on doit peut-être à cette éducation paternelle de Belley de n’y avoir rien déposé de timide et de farouche, comme il est arrivé trop souvent chez d’autres natures sensibles de notre âge. Après le collège, vers 1809, Lamartine vécut à Lyon, et fit, je crois, dès ce temps, un premier et court voyage d’Italie. Il fut ensuite à Paris, s’y laissa aller, bien qu’avec décence, à l’entraînement des amitiés et de la jeunesse, distrait de ses principes, obscurci dans ses croyances, jamais impie ni raisonneur systématique ; versifiant beaucoup dès-lors, jusque dans ses lettres familières, songeant à la gloire poétique, à celle du théâtre en