Page:Revue des Deux Mondes - 1833 - tome 4.djvu/50

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ajoute-t-il, un serpent renfermé dans un cercle formé en partie de feu et en partie de feuilles de frêne, s’échapper du côté du feu plutôt que de passer à travers les feuilles. Et certes il faut ici admirer la prévoyance maternelle de la nature, qui a fait que le frêne est déjà en fleurs avant que les serpens sortent de terre, et qu’il conserve sa verdure jusqu’au temps où ils se retirent dans leurs trous. »

On s’est habitué à ne pas attacher grande importance au témoignage de Pline, et il faut convenir qu’il donne à chaque instant des preuves d’une crédulité puérile, mais on ne l’accuse guère d’être menteur, et ici il raconte un fait dont il a été témoin. A la vérité, l’expérience répétée dans les temps modernes a plus d’une fois échoué. Camerarius dit qu’elle ne réussit point pour le frêne et les serpens d’Allemagne, et Moyse Charas, dans ses expériences sur la vipère, assure qu’ayant placé, au milieu d’un cercle de feuilles de frêne de trois pieds de diamètre, un de ces animaux, celui-ci, loin de paraître effrayé, alla aussitôt se cacher sous les feuilles. Peut-être le frêne employé par Camerarius et Charas n’était-il pas celui dont Pline avait fait usage, car cet auteur en distingue positivement quatre espèces. Quoi qu’il en soit, nos frênes européens ne sont pas les seuls parmi lesquels il faille chercher une semblable propriété ; le frêne blanc d’Amérique passe aux États-Unis pour en être également doué, et une expérience récente semble confirmer l’opinion commune.

Voici comme le fait est raconté dans un des derniers numéros du journal de Silliman.

Au mois d’août dernier, j’allai au Mahoning avec M. Kertland et le docteur Dutton, pour y tirer des cerfs à l’affût, en un lieu où je savais que ces animaux ont la coutume de venir paître la mousse