Page:Revue des Deux Mondes - 1841 - tome 27.djvu/275

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Dans la poésie satirique et morale, dans le genre de l’épître, les Malays possèdent un grand nombre de compositions. M. Marsden en a donné des extraits. La biographie, les relations de voyage, figurent aussi parmi les genres auxquels ils se sont exercés. Les mémoires d’une famille malaye, rédigés par La-uddin, un de ses membres, et traduits par le savant orientaliste que je viens de citer, sont remplis de détails intéressans sur la vie domestique de ces peuples. Enfin, M. Newboldt a découvert récemment et traduit un manuscrit consacré à l’exposition des procédés employés pour la trempe des kris ou poignards, dont l’acier jouit d’une célébrité si méritée.

Mais un des traits les plus remarquables de la littérature malaye, c’est de posséder des versions de presque tous les bons ouvrages qui existent dans les autres littératures de l’Orient. Infatigables compilateurs ou traducteurs, les Malays ont mis à contribution l’arabe, le persan, le sanskrit, les idiomes vulgaires de l’Inde, le siamois, le javanais, etc. On conçoit toute l’utilité de ces traductions lorsqu’elles reproduisent, par exemple, des ouvrages dont l’original est perdu ou écrit dans un idiome pour l’étude duquel les secours sont nuls ou très rares, comme le siamois et la plupart des dialectes transgangétiques.

L’esquisse rapide des littératures malaye et javanaise qui vient de passer sous les yeux du lecteur, ne doit être regardée que comme un travail provisoire. Nous sommes loin d’avoir encore en Europe tout ce qu’elles ont produit de remarquable ou de curieux. Pour en juger le caractère, pour en apprécier le mérite, il est de toute justice d’attendre qu’elles aient été l’objet des mêmes recherches persévérantes que les autres littératures de l’Orient, et qu’un nombre plus considérable de manuscrits ait été recueilli.

D’autres peuples de l’archipel d’Asie ont, comme les Malays et les Javanais, une littérature cultivée. Dans ce nombre sont les Boughis, ce peuple de hardis navigateurs qui habitent l’île de Célèbes. Suivant le témoignage de Raffles, ils ont des chroniques, des recueils de traditions, ainsi que des romans et des poèmes dont l’amour, la guerre et la vie maritime sont les thèmes les plus ordinaires. Il serait d’autant plus à désirer que l’on rapportât en Europe quelques-uns de ces ouvrages, que la langue dans laquelle ils sont écrits commence à être cultivée avec succès par les Anglais, et qu’elle est parlée par une race d’hommes dont les mœurs et les institutions présentent un caractère curieux d’originalité.

Si dans la famille océanienne il n’y a que les peuples de l’archipel