Page:Revue des Deux Mondes - 1851 - tome 10.djvu/887

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dépassée par d’autres fabrications analogues, et peu à peu le commerce en refuse les produits. L’école projetée a pour but d’enseigner à ces tourneurs malhabiles un mode de travail plus en rapport avec les goûts et les besoins actuels. On leur apprendrait à faire des jouets d’enfans, des ustensiles de ménage dans le genre de ceux qui s’exécutent en Suisse et dans la Forêt-Noire. Pour avoir ici des chances de succès, c’est aux jeunes gens qu’il faudrait s’adresser, et non pas aux ouvriers adultes, dont il serait difficile de rectifier les habitudes traditionnelles. Ces derniers acquerraient bien difficilement de la délicatesse dans la main, après avoir été exclusivement adonnés à la fabrication de grossiers ouvrages. Sous cette seule réserve, la pensée des fondateurs de l’institution nous paraît excellente ; quand elle aura été réalisée, elle sera mi bon exemple de plus que nos départemens de l’est offriront en matière d’enseignement industriel.

La zone méridionale n’est pas aussi favorisée sous ce rapport ; elle prend une physionomie analogue à celle des départemens septentrionaux. Des écoles de dessin linéaire industriel, d’architecture ou d’ornement existant à Marseille, Avignon, Montauban, Digne, Auch, Grenoble, Tarbes, Grasse, etc., quelques cours dans trois ou quatre villes sur les élémens de la chimie, de la physique, de la mécanique, de la géométrie, telle est à peu près l’unique part faite à l’enseignement industriel. La ville de Nîmes seule est plus largement dotée ; peut-être même n’y a-t-il pas dans toute la France une autre cité où l’instruction spéciale ait des bases aussi étendues. Un cours de dessin de fabrique y embrasse la fleur brochée et la fleur d’impression. Un autre cours sur le dessin géométrique complète les notions que les enfans ont reçues dans les écoles élémentaires. L’enseignement de la chimie comprend des leçons sur la teinture, cette branche si essentielle de l’industrie locale. Dans toutes ces classes, l’admission est gratuite. Une école de tissage, qui date de 1836, s’ouvre tout aussi libéralement pour un enseignement théorique et pratique sur la fabrication des étoffes. La théorie porte sur les procédés employés, soit pour les tissus unis, soit pour les tissus brochés ; la pratique consiste dans l’exécution même des étoffes sur le métier. La ville fournit les outils, machines et matières premières nécessaires aux travaux. En éclairant l’industrie dit tissage sous un double aspect, cette école a eu d’excellens effets sur la fabrication nîmoise. On devrait tendre seulement à y attirer le plus possible les chefs d’atelier et les ouvriers. Dans ce même département du Gard, à Alais, on a institué une école de maîtres-ouvriers mineurs. L’enseignement n’a pas ici un caractère et un but aussi élevés qu’à Saint-Étienne, du moins dans les cours de cette dernière école réservés aux directeurs d’usines. Les exercices pratiques consistent en levées de plans tant à la surface du sol que dans les mines, et en travaux manuels