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Serapeum, et 64 de Serapeum à Suez. La longueur des deux branches serait de 392 kilomètres; chacune d’elles exigerait 6 écluses, y compris celle de prise d’eau, soit en tout 12 écluses pour le canal entier.

Si donc le niveau de la retenue du barrage peut être maintenu à la cote 18 mètres ou environ, le tracé et l’exécution du canal ne présenteraient aucune difficulté sérieuse; mais si, par des motifs que je ne puis prévoir, l’exécution du barrage était abandonnée, ou si, cet ouvrage achevé, on reconnaissait que la retenue, qu’il est destiné à créer, ne peut être relevée à la hauteur nécessaire, force serait de recourir à un pont-canal pour franchir le fleuve.

Dans ce cas, le niveau du bief du pont-canal, servant de point de partage, devrait être relevé d’au moins 12 mètres au-dessus des hautes eaux, et porté par conséquent à 31 mètres, ce qui exigerait 4 écluses de plus sur chaque versant. Un pont-canal d’un kilomètre de longueur et s’élevant de 18 mètres au-dessus des basses eaux, les écluses à établir aux abords de ce pont à une grande hauteur au-dessus du terrain naturel, ce sont là des ouvrages très dispendieux; mais la difficulté la plus grave serait encore l’alimentation du bief de partage. Pour amener les eaux à une élévation convenable par une rigole d’alimentation, il faudrait remonter la prise d’eau de cette rigole à 350 kilomètres au moins dans la vallée du Nil. Selon toutes les apparences, la prise d’eau du grand canal attribué à Joseph, qui arrose la rive gauche du Nil depuis Manfalout jusqu’au Delta, est à une hauteur convenable, mais il s’en faut que les pentes aient été ménagées de manière à profiter de toute la hauteur disponible, et, bien que je n’aie pas la cote exacte des eaux à l’extrémité de ce canal, je suis convaincu que le niveau n’excède guère celui des hautes eaux du Nil au barrage, si même il l’excède. Pour faire servir ce canal à l’alimentation du bief de partage, il faudrait donc relever ses eaux de 12 mètres environ, opération qui entraînerait l’emploi de machines à vapeur versant dans un réservoir placé à une hauteur convenable et mis en communication avec le bief du pont-canal.

Ce système serait compliqué et dispendieux, mais il ne présente aucune difficulté insurmontable. Tous les biefs du canal, à l’exception de ceux dont le niveau serait plus élevé que celui du Bahr-Jousef, seraient alimentés directement par le canal ou par des dérivations du Nil. Dans ces termes, la dépense d’eau, à laquelle il y aurait lieu de pourvoir par des moyens mécaniques, n’excéderait certainement pas 300,000 mètres cubes par jour, soit 4 mètres cubes par seconde, qui, élevés à 12 mètres de hauteur, exigeraient des machines d’environ 600 à 800 chevaux de puissance effective. Je n’indique ce projet dispendieux que comme une ressource extrême pour le cas où il faudrait renoncer à la traversée directe du Nil; je