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dans la loi municipale ; les communes l’ont conservé, non toutefois sans quelques altérations, en passant sous de nouveaux régimes politiques ; là est leur charte moderne.

M. Augustin Thierry avait eu, ne l’oublions pas, une grande part dans la tâche accomplie. Il avait agrandi, vulgarisé l’œuvre de ses devanciers, et ranimé en nous le souffle presque éteint des communiers du moyen âge. Il eut le grand bonheur d’assister à la nouvelle restauration des communes et d’entendre ceux-là mêmes qui la proclamaient lui décerner de la tribune les hommages qui revenaient au généreux concours de ses écrits, devenus populaires. Ainsi sont rentrées les communes dans leurs franchises traditionnelles ; elles jouissent aujourd’hui, dans une mesure qu’il n’est pas encore temps d’indiquer, du droit de régler elles-mêmes leurs propres affaires. Un tel résultat est grand sans doute, mais l’histoire n’a pas tout éclairci au même degré dans le passé de ces vieilles institutions. La commune gauloise est restée un sujet de profondes et persévérantes recherches. Nous ne connaissons que très imparfaite ment la commune féodale, ou plutôt ces associations agricoles qui, selon quelques écrits récens, ont été le point de départ de nos communes rurales. L’une des questions enfin sur lesquelles s’est le plus exercée l’érudition moderne est celle de l’origine des biens communaux, qui se rattache par des liens étroits à l’origine même de la commune. On se demande quelle a été la source de ces biens, quelles vicissitudes ils ont subies avant de parvenir à la génération actuelle, et la question n’est point de celles que peut se proposer une vaine curiosité ; elle a son côté réellement pratique et a préoccupé plus d’un légiste. Naguère elle s’est élevée devant l’une de nos principales cours, celle d’Orléans, et à cette occasion la section d’histoire de l’Institut, sollicitée de venir en aide à la justice, a fait appel à toutes les lumières et mis le sujet au concours. L’histoire de la naissance des propriétés communales touche encore et surtout au problème de l’amélioration des communaux, problème dont les conseils-généraux demandent chaque année la solution au gouvernement.

Le moment est arrivé d’examiner attentivement cette importante question, mais sans la séparer de celles auxquelles elle touche ou qu’elle fait naître. Quelle est par exemple la nature du droit des communes sur les biens communaux ? jusqu’où ce droit peut-il s’étendre ? En quoi doit consister le contrôle ou la surveillance de l’état sur la gestion de ces biens ? Dans ces vieux héritages des communes, on est trop porté à ne voir qu’une matière de plus à soumettre à l’action envahissante de la spéculation ou à livrer au péril des essais. Dans les vœux qu’ils ont exprimés relativement aux biens communaux,