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LA
CAVALERIE RÉGULIÈRE
EN CAMPAGNE
Souvenirs d’Afrique et de Crimée


Parmi les services que la guerre d’Afrique a rendus à l’armée française, il en est un qu’on oublie trop peut-être. Des corps nouveaux, dont le nom est dans toutes les bouches, ne sont pas seulement sortis de cette lutte opiniâtre et glorieuse contre un ennemi regardé comme insaisissable : les anciens corps ont mieux compris de leur côté quelle part distincte leur revenait dans l’ensemble de ces fonctions diverses qui composent le rôle d’une armée. Ainsi la cavalerie régulière a combattu en regard de la cavalerie irrégulière : les devoirs si différens assignés à l’une et à l’autre ont été mieux saisis par les chefs comme par les soldats ; l’importance des irréguliers dans la guerre d’escarmouche, des réguliers au début et à la fin des grandes opérations, n’a plus été mise en doute. Plus tard, en Crimée, la cavalerie régulière a su profiter de cette expérience et donner des preuves de fougue irrésistible aussi bien que de solidité ; mais combien de pénibles épreuves n’avait-il pas fallu subir, combien de travaux stériles et de regrettables entraves n’avait-on pas imposés aux chefs de cavalerie, avant de reconnaître quelle place leur appartient dans une armée en campagne ! C’est vers quelques-unes de ces épreuves que mon souvenir se reporte aujourd’hui, au