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Le tableau en question, exécuté en 1839, ne fut exposé que quatre ans plus tard, et, la correspondance du peintre nous initie aux nombreux ennuis, aux mille pertes de temps que lui occasionna cette toile sur laquelle il avait à reproduire une foule de visages historiques : lord Melbourne, les ducs de Wellington et de Sutherland, le grand-chambellan (lord Willoughby d’Eresby), le comte-maréchal (duc de Norfolk), les princesses de la famille royale (Augusta de Cambridge, princesse de Hohenlohe, duchesse de Kent, etc.), les ducs de Nemours, de Sussex, de Cambridge, de Cobourg, d’Argyle, le prince Ernest de Phillipstahl, — sans compter le brillant essaim de jeunes ladies, au nombre de huit, qui portaient la queue du manteau-dalmatique (ainsi s’appelle la robe du couronnement). Il nous a été donné d’étudier, à l’exhibition de 1843, cette toile vraiment curieuse ; l’impression qui nous en est restée n’est pas précisément très favorable. Le peintre, se préoccupant d’un grand effet de soleil, qui sans doute s’était produit à un moment donné de la cérémonie, avait comme noyé dans la lumière ces figures-portraits qui constituent le grand intérêt de sa toile. On était ébloui par les reflets de la soie, des brocarts, des robes blanches, des uniformes chamarrés. Au surplus, ce n’est là qu’une impression générale qui, après dix-sept ans écoulés, perd beaucoup de sa valeur. Ce qui est plus significatif, c’est le silence gardé par M. Tom Taylor sur la coronation-picture de Leslie.

La reine, — et c’était l’essentiel, — goûta fort l’œuvre du protégé de lady Holland, et lui commanda quelques années après (1842) une nouvelle toile : le Baptême de la Princesse royale. En 1843, nous le retrouvons décorant à fresque les murs d’un petit pavillon du palais de Buckingham. Le prince-époux l’avait associé, pour ce travail, à sept autres artistes bien connus : Maclise, Landseer, sir Charles Ross, Stanfield, Uwins, Etty, Eastlake. Les sujets à traiter étaient tous pris dans le même poème (le Comus de Milton). Leslie répéta probablement sur toile le sujet qu’il venait de traiter ainsi, car nous voyons figurer au nombre de ses tableaux de 1844 une scene from Comus, la même qu’il avait peinte pour Buckingham-Palace[1].

À part un voyage entrepris en 1844 par Leslie, et qui le conduisit

  1. Il dit dans la Correspondance 18 août 1843 : « Le sujet que je traite par ordre du prince Albert est Comus offrant sa coupe à la dame. » Et dans la liste des tableaux exécutés en 1844, nous lisons : Scène from Comus.br/> :: Hence, with thy brew’d enchantments, foul deceiver.
    « Hors d’ici, avec tes philtres, méchant trompeur ! » — « Ce tableau, ajoute la Notice, est maintenant dans la collection de John Naylor, esq., Leighton-Hall. »