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dans leurs usines le matériel complet des laveurs, coupe-racines. appareils d’extraction des jus, de fermentation alcoolique et de distillation, combinant selon les circonstances agricoles et commerciales le nouveau système avec les procédés de la distillation des grains et des tubercules féculens. Dans ces conditions, les distilleries annexes des fermes produisent des bénéfices égaux et supérieurs même à ceux que nous avons annoncés. Il est des temps en effet où le prix de l’alcool, tombant au-dessous des cours moyens, devient pour le fermier l’accessoire de la fabrication, tandis que les résidus, naguère perdus pour les huit dixièmes, peuvent être considérés comme le principal produit, car ils contribuent à la nourriture des animaux. Dans plusieurs comtés des trois royaumes, de semblables résultats, avantageux particulièrement en Irlande, auraient sans doute été obtenus ; mais les lois et les règlemens sur les distilleries nouvelles : tous les efforts tentés pour obtenir des modifications à l’ancien état de choses ont jusqu’à ce jour complètement échoué. C’est surtout à tirer de l’alcool des grains cru ou germés que s’applique le travail anglais. Certaines distilleries colossales produisent par jour chacune de 10,000 à 30,000 litres d’alcool à 90 degrés (ou 90 centièmes d’alcool pur). L’une des plus vastes et des plus récemment perfectionnées que j’ai été admis à visiter dans tous ses détails est située aux environs de Londres (North London railway) : elle appartient à M. Coffrey, qui l’a montée avec toutes les ressources de la mécanique, de la physique et de la chimie industrielles ; les opérations les plus complexes s’y exécutent avec une facilité extrême à l’aide de machines à nettoyer et à broyer les grains, de pompes à élever et à transvaser les liquides, du chauffage par la vapeur et des appareils réfrigérans et aérateurs. Un nouvel appareil à la fois distillatoire et rectificateur, construit par M. Coffey, extrait directement des moûts fermenté l’alcool dans un état de pureté tout à fait exceptionnel. Malheureusement, dans cette magnifique usine comme dans les autres distilleries immenses, il n’est pas possible d’utiliser tous les résidus ; la plus grande partie des liquides alimentaires s’écoulent en pure perte, ou s’amassent et se putréfient dans des mares ou des eaux trop lentement renouvelées, et lors même que la pénurie des grains se fait sentir, les entraves réglementaires ne permettent pas l’emploi de procédés qui, transformant en alcool la matière sucrée des betteraves, augmenteraient, comme chez nous, comme en Belgique et dans plusieurs régions de l’Allemagne, la production de la viande et du blé.

Au moment où, cette année encore, de nouvelles installations de