Page:Revue des Deux Mondes - 1866 - tome 65.djvu/33

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Darius, comme l’appellent les historiens persans. Darius Codoman, vaincu par Alexandre le Grand, qui conquit toute la Perse, fut assassiné par Bessus (330 ans avant Jésus-Christ). Séleucus, un des généraux du conquérant macédonien, fonda la dynastie des Séleucides, qui ne gouverna guère que quelques années. Arsace, fondateur du royaume des Parthes et de la dynastie arsacide, s’empara de la couronne 250 ans avant Jésus-Christ. Les rois parthes descendans d’Arsace régnèrent environ cinq siècles, constamment en guerre avec les Romains, qu’ils repoussèrent toujours. Le petit-fils de Sassan, Ardeschir, que les Grecs nomment aussi Artaxerxès, enleva la couronne à Ardevan, dernier roi arsacide, et fonda, en l’an 223 de notre ère, la dynastie sassanide, qui dura quatre siècles et tomba sous les coups du calife Ali, gendre de Mahomet. Pendant huit siècles, ces belles contrées furent gouvernées alternativement par des princes arabes, tartares ou mogols ; enfin en 1501 la dynastie des Sophis ou Schah réunit sous son sceptre en un seul royaume ces principautés divisées.

Pendant le règne de la dynastie sassanide, c’est-à-dire vers le IVe siècle, les Perses furent en rapport commercial très étendu avec les Byzantins, trouvant à la cour fastueuse des empereurs de nombreux débouchés pour leurs industries de luxe. Par cette voie, les ouvriers du bas-empire s’initièrent aux secrets des arts et des sciences que conservaient les mages. C’est ainsi qu’ils apprirent à courber les arcs et les voûtes, à combiner les lignes géométriques, à contourner en animaux fantastiques, en enroulemens de plantes, les chapiteaux et les frises. Ce système de formations prismatiques, de cristaux ou polyèdres géométriques, en un mot de pendentifs en encorbellement, destinés à soutenir les coupoles et les plafonds, à orner les angles et les niches des portes et des fenêtres, se retrouve dans les plus anciens monumens de la Perse sassanide, et devint, en se développant de plus en plus, la base scientifique de l’ornementation persane. Il fut introduit de même dans l’art byzantin. Cette influence de l’art persan augmenta, comme bien on pense, lorsque les Arabes en 637 se ruèrent sur ces contrées et les convertirent plus ou moins à la foi de Mahomet, Bien différens des peuples de l’Asie, les Arabes restèrent sans art tant que dura leur idolâtrie. — C’était un peuple pasteur fractionné en tribus errantes ; ils n’avaient pas cet élément sans lequel nulle civilisation ne se développe, la stabilité, la vie sédentaire ; mais c’était un peuple bien doué, plein de finesse et d’une facilité de compréhension merveilleuse. Quand à la voix de Mahomet ils coururent à la conquête du monde, ces pasteurs à demi sauvages, jetés tout à coup au milieu des plus brillantes civilisations, ne tardèrent pas à se