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LE TRAVAIL
ET
L'ECONOMIE POLITIQUE

Le Travail, par Jules Simon, 3e édition. Paris, 1866.

Pendant que la politique générale est si profondément agitée, il est une question que ne sauraient étouffer ni les notes de la diplomatie ni le bruit des armes, et qui survivra aux luttes de la force et aux congrès, c’est la question du travail. Elle s’impose à notre génération comme une conséquence des libertés que nous avons conquises, elle commande l’attention et l’étude non-seulement parce qu’elle intéresse la société tout entière, mais aussi parce qu’elle puise chaque jour dans les rangs pressés de notre démocratie des défenseurs plus ardens et plus habiles. Elle est, on peut le dire, attachée aux flancs du XIXe siècle. Ne nous plaignons pas de la prééminence que conserve, même dans les circonstances les plus graves, cette grande question. Félicitons-nous au contraire de ce qu’elle occupe désormais la première place dans le mouvement des esprits.

Depuis vingt ans, les publicistes qui aspirent à exercer quelque influence sur l’opinion, les hommes d’état qui cherchent ailleurs que dans les procédés vulgaires de gouvernement la base solide de leur renommée, des souverains même s’appliquent à résoudre le problème. Comment contester le développement que cette seule question a imprimé aux études économiques ? Si l’on voulait recueillir les écrits et les discours qui ont été consacrés à la cause du travail considéré soit au point de vue théorique, soit au point de vue pratique, on formerait une bibliographie telle qu’aucune science ne