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STANCES SATIRIQUES


I

Pourquoi, disent les philosophes
Du boulevart,
Encor des rimes et des strophes,
Encor de l’art ?

Pourquoi ces creuses assonances
Sans nul rapport
Avec un siècle de finances
Et de haut sport ?

A Chaillot ! les muses honnêtes,
Au feu les luths !
Assez, assez, de vos poètes,
On n’en veut plus !

Qu’est-ce que cela peut me faire,
Je vous le dis,
Qu’un monsieur visite la sphère
Du paradis ;

Qu’il tire de son écritoire
De l’encre à flots
Pour raconter le purgatoire
Aux idiots ?

Moi qui ne crois ni Dieu ni diables,
Qu’ai-je besoin
D’ouïr narrer de telles fables,
Même de loin ?