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REVUE. — CHRONIQUE.

renseignemens, quelque incomplets qu’ils soient, peuvent être en définitive fort importans pour celui qui se chargera de tout coordonner et de construire l’orbite que l’épave planétaire a suivie dans l’espace.

On ne saurait nier que cette méthode d’observation, fondée sur le concours de tout le monde, est ce qui convient à des phénomènes aussi vagues, aussi variables, aussi réfractaires aux mesures précises que le sont la pluie et le beau temps. Cela veut être pris en gros; les petits détails sont à peu près sans intérêt pour la connaissance des lois générales, et l’expérience d’un siècle est là pour nous convaincre de la stérilité des observations isolées, si minutieuses qu’elles soient. La météorologie, prise de plus haut, rendra d’immenses services à la navigation et à l’agriculture, surtout lorsqu’elle pourra disposer dans une mesure plus large des ressources inappréciables que lui offre le développement des lignes télégraphiques. Les tentatives qui ont été faites jusqu’à présent dans cette direction n’ont pas eu tout le succès qu’on en attendait avec trop d’impatience, comme si toutes les semences germaient également vite. On veut bien récolter, mais on ne veut pas payer les frais de culture, et c’est ainsi que les entreprises les plus raisonnables sont discréditées par des essais trop timides ou trop précipités.

Parmi les innovations utiles qui, espérons-le, aideront la météorologie à sortir des vieilles ornières où elle est embourbée, il convient de citer les ascensions de ballons, qui jettent la sonde de bas en haut dans l’océan aérien. Ces excursions dans le laboratoire furent inaugurées en France par Biot et Gay-Lussac il y a plus de soixante ans, mais leur tentative resta longtemps isolée. En 1862 et 1863, M. Glaisher, le chef du service météorologique de Greenwich, entreprit une série d’ascensions en compagnie du célèbre aéronaute Coxwell, et atteignit un jour la plus grande hauteur à laquelle les hommes soient parvenus. Ses rapports sont remplis des détails les plus précieux sur le régime des vents et des pluies ou sur la distribution des températures dans les couches supérieures de l’atmosphère. Il serait fort à désirer que ces excursions fussent conduites avec le soin qui paraît indispensable pour qu’elles puissent profiter à la science. Quelle révolution pour la météorologie, si le rêve de la direction des ballons devenait réalité !


E. RANK.


ESSAIS ET NOTICES.

ASCENSION DU CAUCASE.
Travels in the central Caucasus and Bashan, by Douglas W. Freshfield; London 1869.


L’amour des voyages est une passion moderne, issue des facilités nouvelles que la locomotion doit à la vapeur. Au temps jadis, et même