Page:Revue des Deux Mondes - 1870 - tome 90.djvu/334

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parlement, en le renouvelant pour trois ans, rejetait à d’immenses majorités plusieurs propositions ayant pour objet d’en corriger les parties les plus défectueuses. Néanmoins, grâce à cette réimposition, le budget de 1848 se solda presque en équilibre. En 1849, toute inquiétude ayant disparu, les affaires avaient repris de l’activité, et d’un côté des économies réalisées sur les services de la marine et de l’armée, de l’autre une amélioration progressive dans les revenus, donnèrent en fin d’exercice un excédant de 2,500,000 liv. sterl. Aussi le chancelier de l’échiquier, prenant pour base les faits de cet exercice, crut-il pouvoir, dans le budget de 1850, évaluer les recettes à 52,300,000 livres sterling et les dépenses à 50,800,000 livr. sterl. Aux 2,500,000 livr. sterl. disponibles viendraient donc s’ajouter 1,500,000 liv. sterl., et le ministre aurait vivement désiré pouvoir appliquer une partie de ces 4 millions de liv. sterl. A une réduction de la dette, augmentée de 8 millions de liv. sterl. en 1847. « Que penser, dit-il, de la conduite d’un simple particulier qui emprunte chaque fois que ses dépenses excèdent son revenu, et qui ne songe pas à rembourser ce qu’il doit lorsque son revenu devient supérieur à ses dépenses ? Je maintiens que, si nous voulons, comme état, conserver la considération que nous croyons indispensable pour un particulier, nous devons en temps de paix travailler à nous libérer de notre dette, et ne pas dépenser chaque année nos excédans de recettes. » Toutefois, quelle que fût la sagesse de ces principes, sir Charles Wood exprimait le regret que les circonstances ne permissent pas de les mettre immédiatement en pratique. L’agriculture anglaise était alors en très grande souffrance, et elle attribuait cette souffrance au nouveau régime économique ; mais il était impossible de faire un retour vers le système protecteur, surtout en ce qui concernait les céréales, et, pour venir en aide aux propriétaires et fermiers en les mettant à même d’améliorer leurs moyens de culture, le ministre proposa d’avancer 3 millions de liv. sterl. A ceux d’entre eux qui voudraient employer le montant de leur emprunt en travaux de drainage et autres perfectionnemens agricoles, de réduire de 450,000 liv. sterl. le droit d’excisé sur les briques employées dans les bâtimens d’exploitation, et d’alléger de 300,000 liv. sterl. les droits de timbre sur les baux et transferts de propriété rurale. Ce n’est pas sans peine néanmoins que sir Charles Wood se dessaisissait, même temporairement, au profit de l’agriculture, de la somme de 3 millions de livres sterl. Un pareil mode de concours, faisait-il observer, ne pouvait être que momentané, et il exprimait l’espoir qu’au fur et à mesure de la rentrée des sommes prêtées elles seraient employées à la réduction de la dette. Cet espoir ne devait pas être réalisé, et les 3 millions de liv. sterl., ainsi que d’autres avances qui eurent lieu encore, furent absorbés quand