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L'AEROSTATION
PENDANT LE SIEGE DE PARIS

Notre dessein serait d’étudier ici un des côtés les plus curieux des recherches scientifiques auxquelles le siège de Paris est venu imprimer un élan nouveau, c’est-à-dire les ascensions aérostatiques. Il nous a été donné bien avant l’investissement de faire plusieurs ascensions, de suivre la plupart de celles qui ont eu lieu depuis l’invasion, de concourir à l’établissement d’un ballon captif destiné à surveiller les mouvemens de l’ennemi, enfin de voir à l’œuvre quelques-uns des inventeurs que préoccupe toujours la solution du grand problème de la direction des aérostats. Peut-ê.tre ne sera-t-il pas sans intérêt de faire connaître ce qui s’est accompli depuis le mois de septembre dans la voie des ascensions libres pour remplacer la poste et le télégraphe, de montrer l’utilité que les opérations de guerre peuvent tirer de l’emploi des ballons captifs, et de jeter un coup d’œil sur l’avenir qui semble réservé à la navigation aérienne.


I

Chacun sait qu’on donne le nom de ballon ou d’aérostat à une sphère creuse, faite d’une substance très légère, plus ou moins imperméable. Le ballon est rempli d’un gaz moins lourd que l’air. La substance dont il est formé est aujourd’hui ce tissu de coton, blanc ou coloré, que dans le commerce on nomme calicot, madapolam ou percaline. L’étoffe doit être forte, autant que possible sans défaut de fabrication. L’imperméabilité s’obtient au moyen d’un vernis composé essentiellement d’huile de lin, à laquelle on mêle un peu de litharge ou oxyde de plomb pour rendre cette huile siccative. Le