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cinq jours, suivant la force de leurs garnisons, par les soins des commandans des troupes du blocus. Un commissaire nommé par le commandant de chaque place sera près de celui des troupes assiégeantes pour veiller à ce qu’on fournisse exactement les vivres stipulés. »

Ce n’est pas tout ; les négociateurs n’étaient pas fixés sur le sort de Hambourg ; cette ville, une des plus peuplées et la plus commerçante d’Allemagne, avait peu de mois auparavant chassé sa garnison française ; mais le. maréchal Davout marchait contre elle avec un corps d’armée, et au moment où se signait l’armistice, on ignorait si elle était prise ou encore assiégée. Néanmoins il fut formellement stipulé que dans ce dernier cas « elle serait traitée comme les autres villes assiégées, », et par conséquent ravitaillée tous les cinq jours. Ainsi donc il était reconnu d’un commun accord que, quel que fût l’assiégé, le ravitaillement était une conséquence de l’armistice.

Le précédent de l’armistice de Pleisswitz a d’autant plus d’autorité que cette convention, qui n’a pas été suivie de la paix, a été exécutée fidèlement pendant plus de deux mois.

La même campagne présente une convention de la même nature. Le Danemark s’était allié à la France après la bataille de Leipzig ; Bernadotte, alors prince royal de Suède, et l’un des principaux généraux de la coalition, se porta contre l’armée danoise avec des forces supérieures, la chassa du Holstein, et la bloqua dans la place de Rendsbourg. Un armistice fut alors conclu et contint la clause suivante : « La grande route de Rendsbourg à Slesvig reste ouverte aux estafettes. L’armée danoise renfermée dans Rendsbourg ne peut tirer des vivres que par cette route pour les hommes qui sont réellement sous les armes et pour les malades dans les hôpitaux. Il est accordé journellement de dix à douze mille rations, et il est permis de s’approvisionner pour trois jours. A cet effet, on nommera respectivement des commissions qui vérifieront approximativement le nombre des rations portées dans chaque place forte. »

Enfin les grands événemens auxquels le nom de M. de Bismarck est attaché offrent un précédent qu’il est bon de ne pas passer sous silence.

Le 26 juillet 1866, après Sadowa, un traité préliminaire de paix était signé à Nikolsbourg par M. de Bismarck et par un plénipotentiaire autrichien ; en même temps un armistice était conclu entre le général de Moltke et le général autrichien de Degenfeld. Cet armistice ne méritait guère ce nom, puisque les principaux articles du traité à intervenir étaient arrêtés, et il y avait peu de chances que quelque discussion de détail amenât une rupture. Néanmoins on ne passa pas sous silence le sort des quatre forteresses autrichiennes, Josephstadt, Kœnigsgrætz, Theresienstadt et Olmütz, bloquées par les Prussiens. Voici ce qui fut convenu à leur égard : « Un rayon de deux mille autour de la