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L'ELOQUENCE
POLITIQUE ET JUDICIAIRE
A ATHENES

PERICLES

I. Histoire de la littérature grecque jusqu’à Alexandre le Grand, par Ottfried Muller, traduite, annotée et précédée d’une étude sur Ottfried Muller, par M. K. Hillebrand ; 2 vol. in-8°, Paris. — II. Demosthenes und seine zeit, von Arnold Schœfor, 4 vol. in-8°, Leipzig, — III. Des Caractères de l’atticisme dans l’éloquence de Lysias, par M. Jules Girard ; in-8°, Paris. — IV. Le discours d’Isoxrate sur l’Antidosis, traduit en français pour la première fois par M. A. Cartelier, avec une introduction par M. Ernest Havet, grand in-8°, Paris.

Le moment n’est peut-être pas aussi mal choisi qu’on pourrait le croire pour entreprendre l’histoire de l’éloquence politique à Athènes, pour rechercher comment elle s’est formée chez le peuple qui l’a portée au plus haut degré de puissance et de perfection. En France, un régime vient de tomber, qui n’avait rien épargné pour décourager la discussion, limiter le champ de la parole et assourdir en quelque sorte le son de la voix humaine. Alors même, devant un auditoire hostile et un pays longtemps indifférent, quelques orateurs dont l’éducation s’était faite en des temps plus heureux, dans de libres assemblées, avaient réussi à interrompre, si je puis ainsi dire, la prescription en faveur de l’éloquence. Aujourd’hui que la France est, nous voulons l’espérer, guérie de l’envie de demander au despotisme un de ces sommeils que suivent de si terribles réveils, elle n’aura plus sans doute la tentation d’échapper par le silence au bruit et aux viriles émotions de la tribune. Sous un nom