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LE VINGTIÈME CORPS
DE
L’ARMÉE DE LA LOIRE

La Revue, dans son numéro du 15 mai, a consacré une étude aux opérations de l’armée de la Loire. Cette étude nous décide à sortir de la réserve que nous nous étions imposée. Il nous semblait en effet qu’en présence des événemens terribles dont Paris était le théâtre, l’heure n’était pas venue d’entreprendre l’histoire de cette douloureuse campagne, marquée par de si tristes revers[1]. De tels récits doivent être un enseignement pour l’avenir. Les conditions de pareilles recherches ne sont pas seulement le calme et l’impartialité de l’écrivain, il est encore nécessaire qu’il puisse consulter des documens difficiles à rencontrer aux heures troubles que nous traversons. Nous entendons par là les rapports de témoins oculaires libres de tout intérêt personnel, n’ayant qu’un seul but en exposant en toute sincérité ce qu’ils ont vu, la vérité et l’espoir d’être utile.

Nous n’ignorons pas que, sauf en de bien rares positions, tout exceptionnelles d’ailleurs, chacun ne voit à l’armée que quelques scènes du drame général, et de l’ensemble des opérations seulement quelques incidens le plus souvent secondaires. Nous n’étions pas nous-même dans une de ces positions ; nous espérons néanmoins que nos observations, simples commentaires de ce que nous avons vu, seulement de ce que nous avons vu, auront leur utilité pour les écri-

  1. Ce n’était point l’opinion de notre collaborateur, ni celle de la Revue. Il est toujours temps de dire aux contemporains une partie même de la vérité, quand on le peut, et puisque l’étude dont il est question a provoqué celle de l’honorable témoin oculaire, que nous insérons volontiers malgré ses réserves, elle aura doublement servi la cause de l’histoire.