Page:Revue des Deux Mondes - 1871 - tome 94.djvu/87

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Dans les départemens, on doit de même passer en revue les agens et fonctionnaires de toute espèce attachés au service de l’état, et élaguer tous ceux dont on peut se passer. Il est assez difficile d’indiquer avec précision les réductions qu’il serait désirable de réaliser. On ne pourrait y réussir qu’en examinant par le menu le détail des différens services. Il faut nous borner à signaler les suppressions que nous croirons utiles à mesure que nous avancerons dans l’étude du budget.

L’opinion publique, qui s’est tant émue sous l’empire des abus du personnel, attaquait non-seulement le nombre des emplois, mais encore et surtout le cumul et les gros traitemens. Le cumul a été l’objet de critiques nombreuses, et il nous semble inutile d’insister sur ce sujet. On ne peut méconnaître qu’il est abusif, par des émolumens entassés les uns sur les autres, de constituer au profit d’un seul individu une dépense considérable, et de prodiguer à quelques-uns des sommes qui pourraient alimenter des services entiers. Hâtons-nous de dire cependant que les lois actuellement en vigueur contiennent cet abus dans des limites assez restreintes, et que la source des cumuls les plus importans et les plus remarqués a été tarie par l’abolition du sénat. On pourrait toutefois rendre encore plus sévères les lois restrictives, et décider par exemple que le cumul ne serait autorisé que jusqu’à concurrence de 15,000 francs.

Quant aux gros traitemens, les uns disparaîtront par la simple interdiction du cumul, les autres tomberont sous les réductions du budget. A cet égard, on paraît résolu à des réformes assez profondes, puisqu’il est question de faire descendre à 48,000 francs le traitement des ministres, et de leur supprimer tous frais de représentation. L’exécution de cette mesure produirait pour les huit ministres une économie de 456,000 francs. Après ceux des ministres, les autres gros traitemens sont ceux de la diplomatie, des hauts fonctionnaires de l’administration, de quelques magistrats et des chefs supérieurs de l’armée et de la marine. Sauf pour les ambassadeurs, quelques ministres plénipotentiaires et certains consuls-généraux, qui reçoivent des sommes importantes en rapport avec le rang des représentans d’un grand pays à l’étranger, sauf pour les maréchaux chargés autrefois du commandement de la garde, le préfet de la Seine et le préfet de police, auxquels on allouait 100,000 fr., les traitemens les plus élevés aujourd’hui ne dépassent guère 35,000 et 40,000 fr., chiffre des préfets de première classe et des magistrats les plus considérables. Ces chiffres ne sont pas excessifs, ils répondent assez exactement aux exigences de la situation des premiers fonctionnaires du pays, et s’il est juste qu’ils contribuent pour leur part aux exigences de la situation, c’est à la condition de ne