Page:Revue des Deux Mondes - 1872 - tome 101.djvu/370

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dépêches privées; le prix en était relativement considérable. Les premiers négociateurs, n’ayant encore que des idées fort incertaines sur les conditions auxquelles serait assujetti le service international, se bornent à stipuler quelques points essentiels. A chacun des points-frontières on établit timidement un bureau mixte pour l’échange des dépêches; ce bureau est composé de deux employés, l’un nommé et payé par la France, le second par l’autre puissance contractante. Le rôle international de ces employés est l’objet de stipulations spéciales de la part de la diplomatie qui règle les droits résultant de leur situation. Quant aux dépêches, elles subissent dans ces bureaux frontières une série de manipulations que rend nécessaires la discordance des moyens usités sur les différens territoires. Les appareils employés de l’un et de l’autre côté de la frontière ne sont pas les mêmes, ils produisent des signaux de nature différente : la dépêche a donc à subir une véritable traduction télégraphique pour être reportée d’un système de signaux dans un autre. De plus elle doit dans la plupart des cas changer de langue, être traduite par exemple du français en allemand.

Le 4 octobre 1852, une convention est signée à Paris entre la France, la Belgique et la Prusse. Le roi de Prusse n’y intervient pas seulement en son nom personnel, il y prend part au nom d’un groupe de puissances qui ont conclu entre elles un traité d’union dite austro-germanique. Ce sont, outre la Prusse, l’Autriche, la Bavière, les royaumes de Saxe, de Hanovre et de Wurtemberg, enfin les Pays-Bas, qui depuis le 18 juillet 1851 ont expressément accédé à l’union austro-germanique. On spécifie d’ailleurs que le traité s’appliquera aux puissances qui viendront par la suite se mettre dans les rangs de l’union allemande.

Cette convention de Paris était le premier exemple d’un accord intervenu entre un groupe déterminé d’états. Jusque-là on n’avait traité qu’entre pays limitrophes et seulement, comme nous l’avons dit, sur quelques objets très restreints. L’acte conclu à Paris en 1852 comprenait un plus grand nombre d’articles et visait à une certaine généralité. Il fixait par exemple les bases sur lesquelles serait calculée la taxe internationale, et inaugurait à ce sujet le système des zones. Des points-frontières étaient désignés d’un commun accord, et les bureaux étaient classés dans les divers pays suivant leurs distances à ces points. En France et en Belgique, la première zone s’étendait de 1 à 75 kilomètres, la seconde de 75 à 190, et ainsi de suite. En Prusse, la première zone était de 1 à 10 milles, la seconde de 10 à 25, etc. Le prix par zone était de 2 fr. 50 en France et en Belgique, et de 20 silbergros en Prusse pour la dépêche simple composée de vingt mots. Un exemple pourra donner une idée de ce